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19/11/2008

Mont Ventoux (Sud)

Département : Vaucluse (84)
Massif : Baronnies/Ventoux
Altitudes (départ-sommet) : 299m - 1909m
Longueur : 21,5Km
Dénivelé + : 1610m
Pente moyenne : 7,5%
Difficulté : 5/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 20 août 2006)
Une semaine après avoir grimpé au Col de Porte (voir article précédent), je profite de ma forme du moment pour m'attaquer au Géant de Provence par sa terrible face Sud. Et prendre ma revanche sur le Ventoux par la même occasion. En effet, j'ai tenté de le gravir par cette face un an plus tôt, mais j'ai dû renoncer au Chalet Reynard, à 6Km du sommet. J'avais mal dormi la veille et j'étais parti trop tard dans la journée. Pris par la tombée de la nuit, je suis redescendu avant le sommet.

Mais ce 20 août 2006, les choses sont différentes. La montée au Col de Porte m'a bien mis en condition. Et il vaut mieux être bien préparé pour grimper le Ventoux par cette face : 21,5Km à 7,5% pour 1610m de dénivelé, c'est du très lourd. A ces difficultés s'ajoutent une grosse différence de température entre le pied et le sommet, où on est presque assuré d'avoir du vent de face.
Ce sommet est un mythe pour les cyclistes. Des gens viennent de très loin pour le grimper, parfois même par bus entier, comme un pèlerinage. Il a marqué l'histoire du Tour de France avec des moments parfois heureux, parfois tragiques (mort de Tom Simpson en 1967 durant l'ascension).

Nous arrivons avec Lolo vers 9H à Bédoin, le village de départ. Comme la fois précédente, elle essaiera de monter le plus haut possible, sans pression. Il fait déjà chaud (environ 25°) mais je sais qu'il fera bien plus frais en altitude. Après un petit échauffement sur du plat, c'est le départ !

Bédoin et le Ventoux

Le début est plutôt tranquille, presque trop, car la pente ne dépasse pas les 5,5% durant les 5 premiers kilomètres. La route, entourée de vignobles, traverse des petits hameaux. Au lieu-dit de Saint Estève, un virage en épingle marque l'entrée dans la forêt et le début des difficultés. A partir de maintenant la pente moyenne sera de 9% pendant 9Km ! Ce changement brutal doit se négocier en douceur, sous peine d'exploser rapidement. Contrairement à la face Nord, peu fréquentée, je croise de nombreux cyclistes, de tous les âges et de tous les niveaux. Tous n'arriveront pas en haut. J'en suis presque certain pour le jeune homme que je double, habillé en jean-chemise sur un vélo de ville qui parait peser des tonnes !

La route est large et tourne peu, ce qui accentue l'impression de lenteur causée par la rudesse de la montée. Il fait chaud et sec dans la forêt, dont la végétation est encore méditerranéenne. Les kilomètres parcourus défilent doucement. Une fille de 16-17 ans roule devant moi avec son père, et le reste de la famille les suit en voiture. A intervalles réguliers ils s'arrêtent pour la prendre en photo et l'encourager. Comme ils avancent à peu près à mon rythme, je m'en sers comme point de repère pour régler mon allure. Et les encouragements de leur famille s'adressent peu à peu à moi aussi ! Malgré la difficulté j'ai des bonnes sensations, bien meilleures que l'année précédente, où je saturais déjà.

Différents types de végétation

Les forêts de conifères m'indiquent que j'arrive à l'étage alpin. La température a nettement baissé, elle est maintenant agréablement fraiche pour grimper. A 15,5Km du départ et 1415m d'altitude, la route passe devant le Chalet Reynard. Cet hôtel-bar est situé à la jonction de la route de Bédoin et de la route de Sault, point de départ de la face Est (la plus facile). Il marque aussi la fin de la forêt et le début de la "lune", un écosystème propre au Ventoux : des lichens pour seule végétation et des cailloux blancs à perte de vue. C'est cette fameuse masse blanche que l'on voit de la plaine. Le climat ici est très rude, le vent peut atteindre 180Km/H et la température peut chuter à -30°C en hiver.

Il me reste donc 6Km à parcourir, dans la blancheur du sommet. Après une petite accalmie, la route remonte de plus belle. La fille et son père ayant fait une pause au Chalet Reynard, je suis seul jusqu'à l'arrivée. Ces derniers kilomètres sont réputés les plus difficiles, et je le confirme. Je commence à avoir froid malgré l'effort, et la route me parait interminable. La grande antenne posée au sommet est toujours en vue, mais elle n'est pas proche pour autant. Heureusement, le vent est très faible. Je double des cyclistes fatigués tandis qu'un autre me double avec une vitesse impressionnante. Je pose un regard sur la stèle en mémoire de Tom Simpson avant d'attaquer le dernier kilomètre, à 9,5%.

Les derniers kilomètres, sur la "lune"

Ma fraicheur du départ n'est plus qu'un souvenir. Je passe sur le plus petit plateau pour la 1ère fois de la journée. Le sommet est précédé d'un grand lacet très raide, pour dire que jusqu'au bout, le Ventoux est difficile et se mérite. Je m'arrête sous l'antenne, à côté du magasin de souvenirs, et savoure cette ascension ! Il y a beaucoup de monde, des cyclistes bien sûr, mais également pas mal de touristes qui sont montés en voiture. Il fait dans les 8°C, j'enfile donc mes vêtements chauds pour la descente qui sera très froide. Malgré mes gants longs, j'ai les mains frigorifiées et douloureuses d'avoir trop freiné quand j'arrive à Bédoin. Lolo est quant à elle montée jusqu'à 1300m environ, au début de la forêt alpine. Bravo ! J'ai mis 2H pour monter, soit environ 11Km/H de moyenne. Je suis satisfait de ce temps pour mon modeste niveau, l'essentiel étant d'arriver en haut en ayant bien géré l'effort.

Au sommet du Mont Ventoux

Depuis ce 20 août 2006, j'ai gravi une quinzaine de cols supplémentaires. Mais le Mont Ventoux par la face Sud reste à ce jour mon ascension la plus difficile. Rendez-vous sur cette montagne peut-être l'été prochain, à l'occasion de l'avant dernière étape du Tour de France 2009 !

Parcours et profil (créés par VisuGpx sur Skitour.fr) :

07/11/2008

Mont Ventoux (par Malaucène)

Département : Vaucluse (84)
Massif : Baronnies/Ventoux
Altitudes (départ-sommet) : 339m - 1909m
Longueur : 20,7Km
Dénivelé + : 1570m
Pente moyenne : 7,5%
Difficulté : 5/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 8 mai 2005)
Durant l'hiver 2004-2005, je me suis lancé un défi
: arriver à grimper le Mont Ventoux en vélo ! Pour quelqu'un qui habitait alors dans une région plutôt plate (plaine provençale) et qui n'avait jamais escaladé de col en vélo, le défi était de taille.
Car le "Géant de Provence" est une redoutable ascension, dans le top 10 des plus difficiles de France, et qui fait même peur aux cyclistes pros. On ne présente plus cette montagne atypique du Vaucluse, visible à 80Km à la ronde et qui parait sortir de nulle part. Son sommet blanc et caillouteux est dépourvu de végétation, et il y souffle un mistral glacial pratiquement toute l'année.

J'avais l'habitude de faire du VTT, mais pas de grimper pendant plusieurs Km. Je me suis donc entrainé sur des terrains offrant plus de dénivelé que d'habitude : plusieurs sorties en Ardèche et une sortie dans les grandes collines derrière Toulon. Cette dernière ascension, avoisinant les 10Km, s'est faite sous un fort mistral, ce qui était un bon entrainement pour le Ventoux !
Mais rien de comparable à ce qui m'attendait ...

Le sommet du Ventoux (face Nord)

Avec Lolo, nous avons choisi le 8 mai pour faire la montée. Lolo n'avait pas pour objectif d'aller jusqu'au sommet, mais d'en faire "le plus possible". Problème : ce jour là, il souffle un vent du Nord très fort, même en plaine. C'est donc bien compromis pour grimper par la face Sud, qui était notre 1er choix. En effet, c'est cette face la plus connue et la plus difficile, celle qui a qui contribué à la légende du Tour de France. Avec du vent de face, c'est mission impossible !
Courageux mais pas téméraires, nous décidons de quand même tenter l'ascension, mais par la face Nord.

Ce versant, qui démarre de la ville de Malaucène, est moins connu que le côté Sud mais pratiquement aussi difficile : 21Km de montée pour 1548m de dénivelé, soit 7,5% de moyenne ! Le tout sur une route en bon état mais irrégulière. Ça monte fort, ça se calme un peu, ça remonte fort : dur de trouver un rythme, quand on sait que c'est le plus important pour mener à bien une ascension.

Départ de Malaucène

Arrivés à 9H à Malaucène, on commence à grimper après un bref échauffement. Je laisse Lolo pédaler à son rythme et me lance à la conquête du sommet, non sans appréhension. Est-ce que je vais arriver à monter pendant 2H ? Est-ce que mon entrainement est suffisant ?
Les premiers kilomètres sont difficiles, car au contraire de la face Sud, plus douce au départ, cette face nous met tout de suite dans le bain. Heureusement, la route est bien roulante et peu fréquentée par les voitures. Les paysages sont très agréables, le Ventoux étant tapissé de forêts sur pratiquement tout son versant Nord.

Arrivé à 1000m, un belvédère permet d'avoir un premier panorama sur le Vaucluse et les dentelles de Montmirail. C'est ici que s'arrêtera Lolo, et c'est déjà une très belle performance pour elle !
A partir de là, la route devient plus pentue et avoisine les 10% pendant 4Km. Mes jambes commencent à tirer, la fatigue s'installe : je viens de battre mon record de longueur d'ascension. Un cycliste d'un certain âge me double, mais je ne chercherai pas à suivre son allure : vu son bronzage, la qualité de son vélo et son rythme de pédalage, c'est sûrement un habitué.

Au bout de 15Km, j'arrive à la petite station de ski de Mont Serein (1400m), déserte en cette période de l'année. La route devient moins dure et je vois le sommet au loin, ce qui me donne du courage. Même si je ne suis pas encore arrivé ...

La station de Mont Serein. Au loin, le sommet.

La forêt est maintenant composée de conifères comme dans les Alpes, ce qui est inhabituel dans ce coin du Midi de la France. Mais plus on s'approche du sommet, plus elle disparait pour laisser place aux cailloux tout blancs qui font la particularité du Ventoux.

A 2Km du sommet, la route est entourée de congères de neige impressionnantes, alors qu'on est au mois de mai ! Le climat est rude ici, surtout du côté Nord.
Les derniers Km, très pentus, se feront dans la douleur. Mais il n'est plus question d'abandonner maintenant. Le vent, relativement discret jusqu'alors, souffle en rafales glaciales qui me déséquilibrent. Ma vitesse frise les 8Km/h, je n'en peux plus.
Et soudain, après un dernier virage bien raide, je vois la grande antenne installée au sommet qui m'attend. Pas de doute, je suis arrivé ! La vue à 360° est splendide : la plaine du Vaucluse, les monts d'Ardèche, les Alpes, les Baronnies ... Je profite quelques minutes de ce moment, mais je ne m'attarde pas là haut : il fait froid, il y a du vent, j'ai mal aux jambes et j'ai envie de descendre pour retrouver Lolo et la chaleur de Malaucène.

L'arrivée au sommet, avec sa fameuse antenne

Crevé mais heureux, je descends tranquillement jusqu'au village, retrouvant en Lolo en 25 minutes. C'est un peu rageant, car il a fallu 2H pour monter ! Mais c'est le lot de toutes les montées ...
Nous repartons très satisfaits du Géant de Provence, car on a tous les deux réalisé une performance à notre façon.
Un tel effort, inhabituel pour moi, aurait pu me dégoûter des montées, car j'ai souffert comme jamais en vélo. Mais au contraire, cela m'a donné envie d'en faire d'autres, notamment la redoutable face Sud du Ventoux.

Parcours et profil (créés par VisuGpx sur Skitour.fr) :