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16/11/2009

Grand Galibier (par l'Alpe du Lauzet)

Département : Hautes Alpes (05)
Massif : Cerces
Altitudes (min-max) : 1716m-3228m
Longueur : 20Km
Dénivelé (positif-négatif) : 1500m-1500m
Difficulté : 5/5

Cette randonnée comporte des passages délicats et exposés. Elle est déconseillée par temps de pluie ou de brouillard ainsi qu'aux personnes pas assez expérimentées.

(Par Ludo, sortie effectuée le 31/07/09)
Lors du dernier jour de mon trek UCPA, nous avons gravi le point culminant du massif des Cerces : le Grand Galibier (3228m). Cette montagne est composée de deux sommets, et seule la partie Est est accessible en randonnée.
Ce fut en quelque sorte le couronnement du séjour, véritable "best of" de ce que peut offrir la montagne. Mais cette longue ascension s'adresse à des randonneurs expérimentés, en raison du dénivelé important et des passages d'escalade faciles mais exposés dans sa dernière partie.


Départ matinal de l'Alpe du Lauzet

Nous avons passé la nuit au refuge UCPA du hameau de l'Alpe du Lauzet. Il est accessible après une demi-heure de montée en partant du parking du Pont de l'Alpe (1716m), situé dans la descente du col du Lautaret en direction de Briançon.
Vu la longueur de la randonnée, nous partons à 6H du matin. Afin d'effectuer une boucle, nous prenons le petit sentier qui part vers le Nord en suivant un torrent.

Fatigués par la courte nuit, nous marchons en silence dans ce beau vallon, à peine troublé par le meuglement des vaches. Le sentier qui serpente en lacets devient de plus en plus raide. Nous avançons vers une muraille rocheuse qui semble infranchissable.
Mais ce "mur" peut se franchir, en passant par un goulet aménagé à l'aide de câbles. C'est le premier passage d'escalade de la journée, assez simple et même ludique si on reste concentré sur les prises. La descente doit être plus difficile ...


Sortie de la cheminée

Une belle étendue d'eau nous accueille à la sortie du passage câblé. C'est le Grand Lac (pas si grand que ça !), dominé par les impressionnantes Arêtes de la Bruyère. Nous le longeons par la droite, sur un sol un peu marécageux.
Le sentier grimpe maintenant vers le col de la Ponsonnière (2613m). C'est une montée régulière et plutôt raide, à travers les alpages. Arrivés au col, la vue sur le Grand Lac est impressionnante. Nous apercevons le sommet Est du Grand Galibier, qui ne sera pas gravi.
Il ne faut pas suivre le GR57 qui descend en direction du lac des Cerces (bel objectif de randonnée également). Nous prenons à la place un petit chemin non balisé qui suit la crête à l'Ouest jusqu'au col Termier.


Le Grand Lac vu du col de la Ponsonnière

Désormais, nous évoluons dans un secteur de haute montagne, où l'enneigement est souvent tardif. Nous passons devant le petit lac Blanc et entrons dans une zone très rocailleuse. Surprise, les bouquetins sont là ! Il y a environ une dizaine de ces chèvres des montagnes, véritables tous terrains bien adaptés à la vie en altitude. De tous les âges (défini en fonction de la longueur des cornes), ils se laissent approcher de près tant qu'on les laisse manger en paix le peu de végétation qui subsiste.
Le col Termier (2900m) est l'avant dernier étage de l'ascension du Grand Galibier. Nous laissons dans un coin nos repas de midi et attaquons la dernière partie de la montée.


Vers le col Termier. Un bouquetin est là !

Il est nécessaire de bien s'orienter dans cette partie finale. En effet, une muraille rocheuse est à franchir, avec peu de passages accessibles sans équipement d'alpinisme. Heureusement, des marques oranges peintes sur les rochers guident les randonneurs. Un groupe devant nous s'est apparemment trompé de chemin et fait péniblement demi-tour, avant de nous suivre !
Nous mettons les mains à plusieurs reprises, notamment dans la cheminée finale qui comporte des passages de niveau III. Assez exposée et sur un rocher patiné, une grande vigilance est nécessaire car une mauvaise chute ici aurait de graves conséquences ...

L'arrivée au sommet récompense bien tous ces efforts. On y trouve une croix (classique), une antenne radio (un peu moche), et une vue à couper le souffle ! Une grande partie des Alpes est visible d'ici : le Mont Blanc, le Queyras, les Ecrins bien entendu, mais aussi la Vanoise, les Aiguilles d'Arves, et même une petite partie du Vercors ! Juste en dessous, le célèbre col du Galibier parait bien bas malgré ses 2645m.


Au sommet du Grand Galibier

Nous profitons longuement de ce panorama en compagnie des autres groupes de randonneurs présents. Avant d'attaquer la descente nous signons notre passage dans le livre d'or présent au sommet. Certains écrits datent d'une quinzaine d'années !
La désescalade est un peu délicate par endroits et comporte toujours plus de risques que la montée. Au pied des rochers, notre accompagnateur décide de couper à travers le névé pour éviter les pénibles passages rocheux. Une descente rapide, glissante et qui soulage les genoux !


Descente délicate

Le parcours est le même en sens inverse jusqu'au col de la Ponsonnière, descendu assez rapidement. Arrivés au niveau de la bergerie, nous ne tournons pas vers le Grand Lac mais suivons la variante du GR57. Le soleil tape fort dans les alpages sans ombre, ce qui rend encore plus pénible cette longue route du retour.
Au détour d'un virage nous nous retrouvons soudainement face à un jeune bouquetin solitaire, en train de lécher une pierre à sel. Nullement impressionné, il se laisse prendre en photo sous tous ses profils. Il faut dire qu'il est très bien placé, avec la Meije en toile de fond ...


Un bouquetin très photogénique

Nous suivons le torrent du Rif qui descend bruyamment jusqu'à l'Alpe du Lauzet et au delà. Au refuge UCPA, les affaires sont rassemblées avant d'attaquer la dernière descente de la journée et de ces 5 jours de marche.
Ce sommet fut la conclusion d'un très beau séjour dans une partie magnifique des Alpes. Un terrain de jeu idéal pour les randonneurs à la recherche de parcours sportifs dans une nature encore préservée !

Parcours et profil (créés par EditGpx sur Skitour.fr) :

12/05/2009

Chalets de Charmant Som (par La Tronche)

Département : Isère (38)
Massif : Chartreuse

Altitudes (départ-sommet) : 232m - 1670m

Longueur : 21,2Km
Dénivelé + : 1438m

Pente moyenne : 6,8%

Difficulté : 5/5


(Par Ludo, sortie effectuée le 3 août 2008)
Le Charmant Som (1867m) est un sommet du massif de la Chartreuse. Il est accessible à pied facilement en partant d'une auberge, les "chalets de Charmant Som", située 200m plus bas. Arriver ici en vélo est une autre histoire !
En effet, en partant de la Tronche (banlieue de Grenoble), ce sont 21,2Km d'ascension et 1438m de dénivelé qui attendent le cycliste. J'ai relevé ce défi le 3 août 2008. Trois étapes jalonnent cette montée : le col de Vence, le col de Porte et enfin les chalets au sommet.

Le Charmant Som et la route des chalets

J'arrive tôt à Grenoble pour profiter de la fraicheur matinale. La traversée de la ville pour rejoindre la Tronche en suivant les quais de l'Isère me sert d'échauffement. Le début de l'ascension est totalement urbain avec une pente assez forte. Il n'y a pas encore trop de monde sur cette route souvent fréquentée la journée.
Après la Tronche, j'arrive dans le chic village de Corenc, qui s'étire tout en hauteur. Je n'ai pas de très bonnes sensations et j'espère que les jambes vont se dérouiller car le chemin à parcourir est long.

La pente devient encore plus forte à la sortie de Corenc, et le décor plus sauvage. 7Km après le départ, j'arrive au col de Vence (782m), situé entre le Mont Rachais et le Mont Saint Eynard. La forêt de la Chartreuse commence à m'entourer et il fait tout de suite plus frais et humide. Je croise pas mal de cyclistes, certains portent des bagages et doivent sans doute rouler pour plusieurs jours.
La route est moins pentue une fois le col passé. Mais peu avant le village du Sappey en Chartreuse, ça devient dur de nouveau, avec un kilomètre proche des 9%. Un carrefour permet de rejoindre le fort du Saint Eynard (1338m). Une ascension à essayer un jour. Je traverse le paisible village-station (où rien n'est plat !) et je suis la direction du col de Porte.

Le Sappey en Chartreuse

Les sensations sont meilleures qu'au départ, donc j'accélère le rythme, ce que je regretterai un peu plus tard. Je roule désormais dans la forêt de conifères et j'arrive rapidement au col de Palaquit (1154m). Ce lieu m'est connu car c'est le point de jonction avec la route de Sarcenas, que j'ai empruntée en 2006 (voir article).
Je rejoins peu après le col de Porte (1326m), après 16Km de montée depuis la Tronche. Je ne l'avais jamais gravi par ce versant et je pourrais m'arrêter là, car c'est déjà une belle ascension, plutôt difficile (4/5).

Mais le but du jour est de monter jusqu'aux chalets de Charmant Som, 350m plus haut. Après une courte pause, j'attaque cette dernière partie de la montée. Le début, pratiquement plat, me permet de récupérer un peu. Car la fin de l'ascension est redoutable !
En effet, elle se termine par 3Km à plus de 9%. Et ça fait mal quand on a déjà 18Km de montée dans les jambes. Dès l'augmentation de la pente, les jambes tirent et ne répondent plus bien. Il va falloir finir très tranquillement, sous peine d'exploser. Je regrette mon accélération avant l'arrivée au col de Porte ...


La vue se dégage au fil des lacets, et j'aperçois le célèbre couvent de la Grande Chartreuse en contrebas. Après un ultime virage, je vois l'arrivée au bout d'une longue ligne droite. Je roule à présent au milieu des alpages, avec une ambiance de grand col. De chaque côté, différents sommets se présentent, comme Chamechaude, les pics de Belledonne et le Mont Blanc au loin.

La chaine de Belledonne

Le sommet de la montée est un grand parking situé à côté des chalets. On est en fin de matinée et c'est plein. Des randonneurs et des citadins en habit de ville qui viennent chercher la fraicheur et le bon air de la montagne. Un peu "cramé" par ce long effort, je ne me lasse pas de contempler les paysages avant de redescendre vers la fournaise et l'agitation de Grenoble. Après le Ventoux, c'est sans doute la plus difficile ascension que j'ai effectuée à ce jour ...

Au sommet

Parcours et profil (créés par VisuGPX sur Skitour.fr) :

29/01/2009

La Grande Moucherolle

Département : Isère (38)
Massif : Vercors
Altitudes (min-max) : 1237m-2284m
Longueur : 14Km
Dénivelé (positif-négatif) : 1180m-1180m environ
Difficulté : 5/5

Cette randonnée comporte des passages délicats et exposés. Elle est déconseillée par temps de pluie ou de brouillard ainsi qu'aux personnes pas assez expérimentées.

(Sortie effectuée le 15 août 2007)
La Grande Moucherolle (2284m) est le deuxième sommet le plus élevé du massif du Vercors. Elle est située sur la barrière Est du massif, à proximité de Villard de Lans et Corrençon en Vercors. Associée à la Petite Moucherolle (2156m) plus au Sud, les 2 pics sont facilement reconnaissables. Par temps dégagé, on peut apercevoir leur sommet depuis la vallée de l'Isère.
L'ascension de la Grande Moucherolle peut se faire sur plusieurs versants. Nous choisissons d'y monter par la face Ouest, la plus proche de chez nous.
Deux amis habitués des randos en montagne vont nous accompagner dans cette longue marche. Plus de 1000m de dénivelé nous attendent, ainsi que des passages techniques et exposés au sommet.

Les deux Moucherolles vues de Corrençon

Nous nous retrouvons à 9H à Corrençon, au "Clot de la Balme", où démarrent des pistes de ski. Il faut suivre la direction de la Petite Moucherolle, sur un sentier bien balisé en jaune et vert comme partout en Isère.
Dès le départ, ça grimpe raide et tout droit. Le chemin est dans les bois, en bordure de la piste de ski, d'où une forte pente. Pas mal de cailloux et de racines jonchent le sentier, ce qui peut être glissant en cas de pluie. Nous marchons à une bonne allure, si bien qu'en une heure nous franchissons 550m de dénivelé environ et sortons de la forêt. Les différentes randonnées à pied ou en vélo effectuées cet été nous ont bien mis en condition !

Derrière nous, une belle vue se dessine sur Corrençon et la vaste forêt de conifères qui entoure le village-station. Désormais, le chemin est plus large et sinueux, sûrement une piste de ski l'hiver. Faute de skieurs, c'est des troupeaux de moutons que nous croisons, qui regardent passer les randonneurs.
Attention ! Un panneau indique la Petite Moucherolle à gauche mais ce n'est pas encore le sommet. Là encore, ce doit être un nom de piste. Le sommet effectif sera en vue 500m plus loin, avec en arrière plan la Grande Moucherolle, impressionnante. Pour accéder à la Petite Moucherolle, il faut grimper sur une pente assez douce parsemée de lapiaz. Original ! Le Vercors est avant tout un gros tas de cailloux très calcaire. L'ascension se fait sans difficulté jusqu'au sommet, où seuls quelques rochers plus importants ralentissent notre progression.

Vers le sommet de la Petite Moucherolle

Nous pourrions nous arrêter ici, car la montée à la Petite Moucherolle est déjà une randonnée honnête. Mais nous sommes venus pour grimper sur sa grande soeur, qui nous fait face.
C'est maintenant que les premières difficultés techniques apparaissent. Il va falloir commencer par descendre au col des Moucherolles (2086m), qui sépare les deux sommets. Ces 50m à descendre se font sur un chemin herbeux étroit et à flanc de montagne. Rien d'insurmontable, mais il faut avoir le pied sûr.

Une fois au col, nous commençons la montée finale de la Grande Moucherolle, d'environ 200m de dénivelé. Au premier abord, il n'y a pas de chemin tracé pour y grimper. Mais si on regarde de plus près, des traces bleues nous indiquent la meilleure route à suivre, assez naturelle. La pente est raide et il faut parfois s'aider des mains pour monter mais pas de grandes difficultés techniques à signaler.
Nous atteignons le sommet, marqué par un cairn, en une petite demi-heure. En tout, 2H30 environ ont été nécessaires depuis Corrençon. C'est l'occasion de faire une pause pour manger, refroidis par un vent frais d'altitude qui souffle assez fortement.

Lolo au sommet. Ça souffle !

De la Grande Moucherolle, la vue est magnifique : nous voyons bien sûr toute la vallée de Corrençon et de Villard, mais également les Quatre montagnes en entier, avec Méaudre et Autrans. Le panorama le plus saisissant est celui de la barrière naturelle des Hauts Plateaux du Vercors. Des falaises de plusieurs centaines de mètres nous font face jusqu'à l'horizon. Dans la brume de chaleur, nous distinguons le fameux Mont Aiguille et le Grand Veymont, le plus haut sommet du Vercors.

Les falaises des Hauts Plateaux du Vercors

Nous choisissons de descendre par l'autre versant (Nord) de la Grande Moucherolle. Pour cela, il faut déjà traverser une arête rocheuse qui part du sommet. Attention, ce passage est étroit et exposé. Une dégringolade ici serait mortelle, car nous longeons une falaise de 600m environ. A ne pas tenter par conditions humides ...
Une fois l'arête traversée, il faut descendre les 230m qui nous séparent du Col des Deux Soeurs en contrebas. Une descente technique sur un terrain instable, où il faut mettre les mains à plusieurs reprises. Dans l'autre sens, des randonneurs s'attaquent à la montée.

Le versant descendu

Les passages techniques sont terminés une fois arrivés au Col des Deux Soeurs (2056m). Il sépare les montagnes Agathe et Sophie. Une fois encore, la vue est impressionnante ici.
C'est dans un décor minéral et sous un soleil tapant de plus en plus fort que nous descendons vers la vallée. A la retenue d'eau, nous prenons la piste à gauche, passant dans la combe de l'Ourson. A l'abri de l'Ours, la forêt reprend ses droits. Nous continuons tout droit vers le Nord jusqu'à l'arrivée d'un télésiège, à travers la combe de l'Escalier. Des gens arrivent ici par dizaines, car c'est une journée gratuite pour les remontées mécaniques. Tricheurs ;-)

La fin de la sortie se fera sur la piste de ski, jusqu'au Clot de la Balme, en coupant un peu sur la fin. Ce n'est pas la partie la plus passionnante de la journée, car le chemin est large, cassant, et exposé au soleil.
Mais globalement, c'est une rando exigeante qui vaut largement le détour : longue montée, passages techniques et superbe vue au sommet !

Parcours et profil (créés par VisuGpx sur Skitour.fr) :

19/11/2008

Mont Ventoux (Sud)

Département : Vaucluse (84)
Massif : Baronnies/Ventoux
Altitudes (départ-sommet) : 299m - 1909m
Longueur : 21,5Km
Dénivelé + : 1610m
Pente moyenne : 7,5%
Difficulté : 5/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 20 août 2006)
Une semaine après avoir grimpé au Col de Porte (voir article précédent), je profite de ma forme du moment pour m'attaquer au Géant de Provence par sa terrible face Sud. Et prendre ma revanche sur le Ventoux par la même occasion. En effet, j'ai tenté de le gravir par cette face un an plus tôt, mais j'ai dû renoncer au Chalet Reynard, à 6Km du sommet. J'avais mal dormi la veille et j'étais parti trop tard dans la journée. Pris par la tombée de la nuit, je suis redescendu avant le sommet.

Mais ce 20 août 2006, les choses sont différentes. La montée au Col de Porte m'a bien mis en condition. Et il vaut mieux être bien préparé pour grimper le Ventoux par cette face : 21,5Km à 7,5% pour 1610m de dénivelé, c'est du très lourd. A ces difficultés s'ajoutent une grosse différence de température entre le pied et le sommet, où on est presque assuré d'avoir du vent de face.
Ce sommet est un mythe pour les cyclistes. Des gens viennent de très loin pour le grimper, parfois même par bus entier, comme un pèlerinage. Il a marqué l'histoire du Tour de France avec des moments parfois heureux, parfois tragiques (mort de Tom Simpson en 1967 durant l'ascension).

Nous arrivons avec Lolo vers 9H à Bédoin, le village de départ. Comme la fois précédente, elle essaiera de monter le plus haut possible, sans pression. Il fait déjà chaud (environ 25°) mais je sais qu'il fera bien plus frais en altitude. Après un petit échauffement sur du plat, c'est le départ !

Bédoin et le Ventoux

Le début est plutôt tranquille, presque trop, car la pente ne dépasse pas les 5,5% durant les 5 premiers kilomètres. La route, entourée de vignobles, traverse des petits hameaux. Au lieu-dit de Saint Estève, un virage en épingle marque l'entrée dans la forêt et le début des difficultés. A partir de maintenant la pente moyenne sera de 9% pendant 9Km ! Ce changement brutal doit se négocier en douceur, sous peine d'exploser rapidement. Contrairement à la face Nord, peu fréquentée, je croise de nombreux cyclistes, de tous les âges et de tous les niveaux. Tous n'arriveront pas en haut. J'en suis presque certain pour le jeune homme que je double, habillé en jean-chemise sur un vélo de ville qui parait peser des tonnes !

La route est large et tourne peu, ce qui accentue l'impression de lenteur causée par la rudesse de la montée. Il fait chaud et sec dans la forêt, dont la végétation est encore méditerranéenne. Les kilomètres parcourus défilent doucement. Une fille de 16-17 ans roule devant moi avec son père, et le reste de la famille les suit en voiture. A intervalles réguliers ils s'arrêtent pour la prendre en photo et l'encourager. Comme ils avancent à peu près à mon rythme, je m'en sers comme point de repère pour régler mon allure. Et les encouragements de leur famille s'adressent peu à peu à moi aussi ! Malgré la difficulté j'ai des bonnes sensations, bien meilleures que l'année précédente, où je saturais déjà.

Différents types de végétation

Les forêts de conifères m'indiquent que j'arrive à l'étage alpin. La température a nettement baissé, elle est maintenant agréablement fraiche pour grimper. A 15,5Km du départ et 1415m d'altitude, la route passe devant le Chalet Reynard. Cet hôtel-bar est situé à la jonction de la route de Bédoin et de la route de Sault, point de départ de la face Est (la plus facile). Il marque aussi la fin de la forêt et le début de la "lune", un écosystème propre au Ventoux : des lichens pour seule végétation et des cailloux blancs à perte de vue. C'est cette fameuse masse blanche que l'on voit de la plaine. Le climat ici est très rude, le vent peut atteindre 180Km/H et la température peut chuter à -30°C en hiver.

Il me reste donc 6Km à parcourir, dans la blancheur du sommet. Après une petite accalmie, la route remonte de plus belle. La fille et son père ayant fait une pause au Chalet Reynard, je suis seul jusqu'à l'arrivée. Ces derniers kilomètres sont réputés les plus difficiles, et je le confirme. Je commence à avoir froid malgré l'effort, et la route me parait interminable. La grande antenne posée au sommet est toujours en vue, mais elle n'est pas proche pour autant. Heureusement, le vent est très faible. Je double des cyclistes fatigués tandis qu'un autre me double avec une vitesse impressionnante. Je pose un regard sur la stèle en mémoire de Tom Simpson avant d'attaquer le dernier kilomètre, à 9,5%.

Les derniers kilomètres, sur la "lune"

Ma fraicheur du départ n'est plus qu'un souvenir. Je passe sur le plus petit plateau pour la 1ère fois de la journée. Le sommet est précédé d'un grand lacet très raide, pour dire que jusqu'au bout, le Ventoux est difficile et se mérite. Je m'arrête sous l'antenne, à côté du magasin de souvenirs, et savoure cette ascension ! Il y a beaucoup de monde, des cyclistes bien sûr, mais également pas mal de touristes qui sont montés en voiture. Il fait dans les 8°C, j'enfile donc mes vêtements chauds pour la descente qui sera très froide. Malgré mes gants longs, j'ai les mains frigorifiées et douloureuses d'avoir trop freiné quand j'arrive à Bédoin. Lolo est quant à elle montée jusqu'à 1300m environ, au début de la forêt alpine. Bravo ! J'ai mis 2H pour monter, soit environ 11Km/H de moyenne. Je suis satisfait de ce temps pour mon modeste niveau, l'essentiel étant d'arriver en haut en ayant bien géré l'effort.

Au sommet du Mont Ventoux

Depuis ce 20 août 2006, j'ai gravi une quinzaine de cols supplémentaires. Mais le Mont Ventoux par la face Sud reste à ce jour mon ascension la plus difficile. Rendez-vous sur cette montagne peut-être l'été prochain, à l'occasion de l'avant dernière étape du Tour de France 2009 !

Parcours et profil (créés par VisuGpx sur Skitour.fr) :

07/11/2008

Mont Ventoux (par Malaucène)

Département : Vaucluse (84)
Massif : Baronnies/Ventoux
Altitudes (départ-sommet) : 339m - 1909m
Longueur : 20,7Km
Dénivelé + : 1570m
Pente moyenne : 7,5%
Difficulté : 5/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 8 mai 2005)
Durant l'hiver 2004-2005, je me suis lancé un défi
: arriver à grimper le Mont Ventoux en vélo ! Pour quelqu'un qui habitait alors dans une région plutôt plate (plaine provençale) et qui n'avait jamais escaladé de col en vélo, le défi était de taille.
Car le "Géant de Provence" est une redoutable ascension, dans le top 10 des plus difficiles de France, et qui fait même peur aux cyclistes pros. On ne présente plus cette montagne atypique du Vaucluse, visible à 80Km à la ronde et qui parait sortir de nulle part. Son sommet blanc et caillouteux est dépourvu de végétation, et il y souffle un mistral glacial pratiquement toute l'année.

J'avais l'habitude de faire du VTT, mais pas de grimper pendant plusieurs Km. Je me suis donc entrainé sur des terrains offrant plus de dénivelé que d'habitude : plusieurs sorties en Ardèche et une sortie dans les grandes collines derrière Toulon. Cette dernière ascension, avoisinant les 10Km, s'est faite sous un fort mistral, ce qui était un bon entrainement pour le Ventoux !
Mais rien de comparable à ce qui m'attendait ...

Le sommet du Ventoux (face Nord)

Avec Lolo, nous avons choisi le 8 mai pour faire la montée. Lolo n'avait pas pour objectif d'aller jusqu'au sommet, mais d'en faire "le plus possible". Problème : ce jour là, il souffle un vent du Nord très fort, même en plaine. C'est donc bien compromis pour grimper par la face Sud, qui était notre 1er choix. En effet, c'est cette face la plus connue et la plus difficile, celle qui a qui contribué à la légende du Tour de France. Avec du vent de face, c'est mission impossible !
Courageux mais pas téméraires, nous décidons de quand même tenter l'ascension, mais par la face Nord.

Ce versant, qui démarre de la ville de Malaucène, est moins connu que le côté Sud mais pratiquement aussi difficile : 21Km de montée pour 1548m de dénivelé, soit 7,5% de moyenne ! Le tout sur une route en bon état mais irrégulière. Ça monte fort, ça se calme un peu, ça remonte fort : dur de trouver un rythme, quand on sait que c'est le plus important pour mener à bien une ascension.

Départ de Malaucène

Arrivés à 9H à Malaucène, on commence à grimper après un bref échauffement. Je laisse Lolo pédaler à son rythme et me lance à la conquête du sommet, non sans appréhension. Est-ce que je vais arriver à monter pendant 2H ? Est-ce que mon entrainement est suffisant ?
Les premiers kilomètres sont difficiles, car au contraire de la face Sud, plus douce au départ, cette face nous met tout de suite dans le bain. Heureusement, la route est bien roulante et peu fréquentée par les voitures. Les paysages sont très agréables, le Ventoux étant tapissé de forêts sur pratiquement tout son versant Nord.

Arrivé à 1000m, un belvédère permet d'avoir un premier panorama sur le Vaucluse et les dentelles de Montmirail. C'est ici que s'arrêtera Lolo, et c'est déjà une très belle performance pour elle !
A partir de là, la route devient plus pentue et avoisine les 10% pendant 4Km. Mes jambes commencent à tirer, la fatigue s'installe : je viens de battre mon record de longueur d'ascension. Un cycliste d'un certain âge me double, mais je ne chercherai pas à suivre son allure : vu son bronzage, la qualité de son vélo et son rythme de pédalage, c'est sûrement un habitué.

Au bout de 15Km, j'arrive à la petite station de ski de Mont Serein (1400m), déserte en cette période de l'année. La route devient moins dure et je vois le sommet au loin, ce qui me donne du courage. Même si je ne suis pas encore arrivé ...

La station de Mont Serein. Au loin, le sommet.

La forêt est maintenant composée de conifères comme dans les Alpes, ce qui est inhabituel dans ce coin du Midi de la France. Mais plus on s'approche du sommet, plus elle disparait pour laisser place aux cailloux tout blancs qui font la particularité du Ventoux.

A 2Km du sommet, la route est entourée de congères de neige impressionnantes, alors qu'on est au mois de mai ! Le climat est rude ici, surtout du côté Nord.
Les derniers Km, très pentus, se feront dans la douleur. Mais il n'est plus question d'abandonner maintenant. Le vent, relativement discret jusqu'alors, souffle en rafales glaciales qui me déséquilibrent. Ma vitesse frise les 8Km/h, je n'en peux plus.
Et soudain, après un dernier virage bien raide, je vois la grande antenne installée au sommet qui m'attend. Pas de doute, je suis arrivé ! La vue à 360° est splendide : la plaine du Vaucluse, les monts d'Ardèche, les Alpes, les Baronnies ... Je profite quelques minutes de ce moment, mais je ne m'attarde pas là haut : il fait froid, il y a du vent, j'ai mal aux jambes et j'ai envie de descendre pour retrouver Lolo et la chaleur de Malaucène.

L'arrivée au sommet, avec sa fameuse antenne

Crevé mais heureux, je descends tranquillement jusqu'au village, retrouvant en Lolo en 25 minutes. C'est un peu rageant, car il a fallu 2H pour monter ! Mais c'est le lot de toutes les montées ...
Nous repartons très satisfaits du Géant de Provence, car on a tous les deux réalisé une performance à notre façon.
Un tel effort, inhabituel pour moi, aurait pu me dégoûter des montées, car j'ai souffert comme jamais en vélo. Mais au contraire, cela m'a donné envie d'en faire d'autres, notamment la redoutable face Sud du Ventoux.

Parcours et profil (créés par VisuGpx sur Skitour.fr) :