07/11/2009

Lac et col des Béraudes

Département : Hautes Alpes (05)
Massif : Cerces
Altitudes (min-max) : 2030m-2770m
Longueur : 6,2Km
Dénivelé (positif-négatif) : 740m-740m
Difficulté : 2/5 (lac) ou 3/5 (col)

(Par Ludo, sortie effectuée le 30 juillet 2009)
Durant l'avant dernier du jour de mon trek dans les Cerces, nous sommes passés de la vallée de la Clarée à celle de la Guisane.
Pour cela, nous avons franchi le Col des Béraudes (2770m), qui surplombe le lac du même nom.
Cette ascension en aller retour est l'occasion d'accéder à un beau lac de montagne, dans un décor très minéral. Courte mais raide, elle est déconseillée si la neige est encore présente car des passages sont assez exposés sur la fin. Il est également possible de s'arrêter au lac pour diminuer le dénivelé et la difficulté.

Comme pour le topo précédent, le point de départ est le parking situé à l'extrémité de la vallée de la Clarée, en partant de Névache. Nous avons passé la nuit au refuge Ricou (à conseiller !), accessible à une demi-heure de marche environ.
Après avoir croisés un troupeau de moutons d'un millier de bêtes, nous empruntons le pont du Moutet, qui traverse la Clarée. Le décor, très sympa, est bien représentatif du massif des Cerces.

Le pont du Moutet

Dès la traversée du pont le sentier commence à grimper en lacets. Il s'élève tout d'abord dans une petite forêt de conifères, qui disparaitra au fur et à mesure de la montée.
La pente, plutôt raide, n'effraie pas les nombreux randonneurs présents. C'est le 4ème jour de randonnée et les organismes commencent à fatiguer. Nous avons en effet accumulé environ 3400m de dénivelé depuis le départ. Malgré cela, le rythme reste assez soutenu.

Plus on s'approche du lac, et plus la pente parait augmenter. Les arbres ont laissé la place aux pelouses, qui commencent elles mêmes à disparaitre au profit des rochers.

Le lac est bientôt proche

L'arrivée au lac des Béraudes est un grand moment. Celui-ci étant caché durant toute l'ascension, on ne sait pas à quoi il ressemble avant de l'atteindre. Nous sommes donc étonnés par sa taille et sa couleur d'un bleu métallique très marqué.
La température de l'air est très fraiche à cause de l'ombre permanente. Quant à la baignade, elle n'est même pas envisageable !

Tout autour, le décor est entièrement minéral. Les brins d'herbe se font très rares dans ce cirque lunaire. Sur la gauche du lac, on devine bien le tracé qui mène au col des Béraudes, situé 270m au dessus de nous.

Le lac des Béraudes

La montée au col emprunte une sente étroite, qui coupe un vaste pierrier. Le vide est assez présent sur notre droite, ce qui peut impressionner les personnes sujettes au vertige. Par temps sec, ce n'est pas un chemin dangereux, mais il faut rester vigilant et éviter les faux pas !
La pente est très soutenue et le vent nous plaque contre la paroi. Par endroits, il faut mettre les mains pour grimper plus aisément.

Une fois arrivés au col, le lac parait bien plus petit. Nous encourageons les randonneurs du groupe qui évoluent dans les derniers mètres du sentier, visible d'ici dans son intégralité.
En attendant leur arrivée, nous cherchons le meilleur endroit pour s'abriter du vent et se réchauffer.

Au col des Béraudes

L'ascension du col n'est pas simple mais elle en vaut bien la peine pour sa superbe vue sur le lac et sur le massif des Ecrins. Ambiance austère et sauvage garantie ! Nous sommes entourés par le Pic de la Moulinière et la Tête de la Casille, deux "3000" accessibles uniquement avec du matériel d'alpinisme.
La descente jusqu'au pont du Moutet se fait par le même chemin (non effectuée). Faire preuve de prudence dans la première partie. Une fois le lac dépassé, il n'y a plus de difficultés.

Parcours et profil (aller seulement) :

18/10/2009

Mont Thabor (par les Drayères)

Département : Hautes Alpes (05)
Massif : Cerces
Altitudes (min-max) : 2030m-3178m
Longueur : 20Km
Dénivelé (positif-négatif) : 1185m-1185m environ
Difficulté : 4/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 28 juillet 2009)
Durant la dernière semaine de juillet 2009, j'ai effectué une randonnée itinérante dans le massif des Cerces.
Ce trek de 5 jours organisé par l'UCPA m'a permis de découvrir ce beau coin de montagne, à cheval entre Alpes du Nord et Alpes du Sud. Il offre ce que la montagne a de plus beau : alpages fleuris, lacs étincelants, ambiances minérales et neiges éternelles. Le tout sous le regard des nombreux bouquetins, marmottes et chamois qui peuplent le massif.

Nous étions neuf à effectuer une boucle au dénivelé conséquent, avec le franchissement de nombreux cols et l'ascension de quelques sommets. Parmi eux le Mont Thabor (3178m), point emblématique des Cerces, grimpé le 2ème jour du trek.
Chaque année à l'Assomption des processions ont lieu vers la petite chapelle posée à son sommet.

Le Mont Thabor vu de la Vallée Etroite

Nous avons passé notre première nuit au refuge CAF des Drayères (2180m, 64 places) avant de grimper le Thabor. Simple et assez confortable, il est accessible facilement à partir du parking situé à l'extrémité de la vallée de la Clarée, en partant de Névache.
Par cet itinéraire, le Thabor est un "3000" qui ne présente pas de difficultés techniques à part le franchissement de névés parfois importants. Vu la longueur et le dénivelé (1185m), il est conseillé de partir tôt le matin pour effectuer cette ascension.

Le refuge des Drayères

En sortant du refuge, nous prenons le GR57 (à suivre jusqu'au bout) qui grimpe sèchement vers le Nord Est. Avec environ 12Kg sur le dos, cette première montée nous cueille à froid et tire un peu les mollets.
Nous marchons au milieu des pelouses caractéristiques de cette altitude, dans le brouhaha des insectes qui pullulent en été. La lumière est magnifique et le ciel sans nuage (ce fut le cas toute la semaine !).

Peu après, nous arrivons au lac Rond (2446m) pour une première petite pause. On compte de nombreux lacs dans ce massif, d'où leurs noms pas forcément très recherchés.
La suite se complique avec la montée vers le col des Muandes (2828m), l'ancienne frontière avec l'Italie. C'est une montée raide mais régulière pendant laquelle les pelouses disparaissent progressivement, laissant la place au monde minéral de l'étage alpin.
Une fois au col la vue sur le massif des Ecrins, jusqu'alors dans notre dos, est magnifique. Notamment la Barre des Ecrins (4102m), le point culminant des Alpes du Sud.

Les Ecrins vus du col des Muandes

Le Mont Thabor et sa chapelle sont maintenant face à nous. Pour l'atteindre, il faut commencer par descendre légèrement sur une arête étroite et rocheuse. Attention où on met les pieds ici.
Nous rejoignons rapidement le col de Valmeinier, où nous voyons bien l'itinéraire jusqu'au sommet. Seul hic, un énorme névé nous barre le passage. Patrick, notre accompagnateur, estime que sa dernière partie est trop raide pour être franchie sans crampons. Il faudra donc la contourner en passant par les rochers.

Le névé et le ressaut final

La première partie du névé se franchit assez facilement, malgré la neige parfois glissante. Mes bâtons sont bien utiles pour garder l'équilibre.
La suite est plus difficile physiquement. En effet, ça commence par de la grimpette sur des gros rochers avant de rejoindre le sentier qui monte durement en lacets.
De temps en temps, un névé est soit contourné, soit traversé. Je commence à ressentir l'altitude car je m'essouffle vite. C'est un peu "l'effet Ventoux" : un sommet qui parait tout proche mais qui n'arrive jamais !

Les derniers mètres avant le sommet

Aux alentours des 3000m, nous rejoignons le large sentier provenant de la Vallée Etroite (frontière italienne). Les randonneurs deviennent plus nombreux car cette voie est la manière la plus simple d'atteindre le Thabor.

Les premiers arrivés attendent le reste du groupe à la petite chapelle. Le vent souffle et la température est très fraiche ! C'est la première fois que je grimpe si haut, je savoure donc ce moment. D'autant plus que la vue est magnifique sur une bonne partie des Alpes, de la Dent du Géant (massif du Mont Blanc) aux Ecrins, en passant par le Queyras.

Devant la chapelle au sommet

Nous prenons le repas de midi près de la chapelle puis une photo de groupe au "vrai" sommet du Thabor. La descente interminable de plus de 1400m de dénivelé se fera jusqu'au refuge Tre Alpini (Vallée Etroite), où nous passerons la nuit. Je ne décris pas l'itinéraire complet dans ce topo car il ne peut se faire en aller retour ni en boucle à la journée.

Pour les randonneurs habitués aux longues ascensions, cette sortie est à découvrir absolument. De la verdoyante vallée de la Clarée à l'austérité de la haute montagne, les différentes ambiances montagnardes vous combleront.

Parcours et profil (aller seulement) :

15/10/2009

Le Serre de Montué

Département : Drôme (26)
Massif : Vercors
Altitudes (min-max) : 1445m-1706m
Longueur : 8Km
Dénivelé (positif-négatif) : 385m-385m environ
Difficulté : 2/5

(Sortie effectuée le 12 juillet 2009)
Le Serre de Montué (1706m) est le point culminant du plateau d'Ambel, au coeur du Vercors Drômois. Par beau temps, nous voyons de notre fenêtre son sommet tout arrondi, souvent plongé dans le brouillard. C'est pour cette raison que nous avons reporté son ascension à plusieurs reprises.

Mais ce 12 juillet les conditions sont optimales. Nous nous rendons à la petite station de Font d'Urle à la fraiche pour effectuer cette courte randonnée. Au programme, un peu moins de 400m à grimper donc rien de très méchant.
Nous commençons par suivre la direction du pas de l'Infernet. A la sortie de la station, le sentier pénètre tout de suite dans les alpages et rejoint rapidement le GR93.

Après une demi heure de marche un premier sommet se dresse devant nous. Il est situé à l'extrémité Sud du Serre de Montué (point 1692 sur la carte). Nous décidons d'y monter. Ce détour n'est pas obligatoire mais doit valoir le coup pour le paysage.

Un premier sommet

L'ascension dans les pelouses, raide mais courte, se fait en quelques minutes. Derrière le sommet, des falaises calcaires de plusieurs centaines de mètres plongent dans le vide. Impressionnant !

Leur côté inaccessible permet d'abriter de nombreuses espèces d'oiseaux. Dont un splendide aigle royal que nous avons la chance de voir voler au dessus de nos têtes. Avec son envergure dépassant les 2 mètres, on pourrait le confondre avec un deltaplane vu de loin.
Sur le sommet qui nous fait face, des chevaux semi-sauvages paissent tranquillement au bord d'un immense précipice. Chute interdite pour les canassons !

Des chevaux qui n'ont pas le vertige

Nous redescendons et rejoignons le GR au niveau du pas de l'Infernet. Peu après nous quittons le sentier rouge et blanc pour grimper le Serre de Montué. Il faut pour cela prendre la 2ème sente qui part sur la droite après le pas.
A partir de maintenant, l'itinéraire n'est plus balisé mais reste évident car le sommet est toujours en vue.

1,5Km nous séparent de notre but. L'ascension ne présente pas de difficultés, il suffit de rester sur la petite trace. Seuls les derniers mètres hors sentier sont un peu raides.
Le seul danger sur ce type de parcours est le brouillard, qui risque d'égarer le randonneur et le faire s'approcher dangereusement des falaises.

Sommet en vue

Un cairn symbolise le sommet du Serre de Montué. Le vent souffle fort et nous refroidit vite sur cette montagne où ne pousse aucun arbre. La grande forêt de Lente est pourtant toute proche !
La vue à 360° s'étend des Hauts Plateaux du Vercors au Diois. Avec des jumelles nous distinguons Saint Marcellin, à 25Km à vol d'aigle.

Observation des alentours

La descente peut très bien se faire en prenant le chemin en sens inverse. Nous décidons de corser un peu la difficulté en descendant par le versant Est.
Ce qui parait simple au premier abord se révèle un peu piégeux, car les pelouses sont défoncées par les intempéries et cachent de nombreux trous de marmottes. Attention aux chevilles !

Nous descendons progressivement en empruntant des sentes probablement tracées par le bétail. C'est ainsi que nous réalisons le tour complet du Serre de Montué. Le retour à Fond d'Urle se fait ensuite par le GR93 emprunté à l'aller.

Cette belle sortie est idéale pour le marcheur voulant atteindre un vrai sommet sans grimper pendant des heures. Le tout dans une ambiance "montagne", avec des vastes alpages, des falaises abruptes et une faune (sauvage et domestique) bien fournie.

Parcours et profil (créés par VisuGPX sur Skitour.fr) :