18/10/2009

Mont Thabor (par les Drayères)

Département : Hautes Alpes (05)
Massif : Cerces
Altitudes (min-max) : 2030m-3178m
Longueur : 20Km
Dénivelé (positif-négatif) : 1185m-1185m environ
Difficulté : 4/5

(Par Ludo, sortie effectuée le 28 juillet 2009)
Durant la dernière semaine de juillet 2009, j'ai effectué une randonnée itinérante dans le massif des Cerces.
Ce trek de 5 jours organisé par l'UCPA m'a permis de découvrir ce beau coin de montagne, à cheval entre Alpes du Nord et Alpes du Sud. Il offre ce que la montagne a de plus beau : alpages fleuris, lacs étincelants, ambiances minérales et neiges éternelles. Le tout sous le regard des nombreux bouquetins, marmottes et chamois qui peuplent le massif.

Nous étions neuf à effectuer une boucle au dénivelé conséquent, avec le franchissement de nombreux cols et l'ascension de quelques sommets. Parmi eux le Mont Thabor (3178m), point emblématique des Cerces, grimpé le 2ème jour du trek.
Chaque année à l'Assomption des processions ont lieu vers la petite chapelle posée à son sommet.

Le Mont Thabor vu de la Vallée Etroite

Nous avons passé notre première nuit au refuge CAF des Drayères (2180m, 64 places) avant de grimper le Thabor. Simple et assez confortable, il est accessible facilement à partir du parking situé à l'extrémité de la vallée de la Clarée, en partant de Névache.
Par cet itinéraire, le Thabor est un "3000" qui ne présente pas de difficultés techniques à part le franchissement de névés parfois importants. Vu la longueur et le dénivelé (1185m), il est conseillé de partir tôt le matin pour effectuer cette ascension.

Le refuge des Drayères

En sortant du refuge, nous prenons le GR57 (à suivre jusqu'au bout) qui grimpe sèchement vers le Nord Est. Avec environ 12Kg sur le dos, cette première montée nous cueille à froid et tire un peu les mollets.
Nous marchons au milieu des pelouses caractéristiques de cette altitude, dans le brouhaha des insectes qui pullulent en été. La lumière est magnifique et le ciel sans nuage (ce fut le cas toute la semaine !).

Peu après, nous arrivons au lac Rond (2446m) pour une première petite pause. On compte de nombreux lacs dans ce massif, d'où leurs noms pas forcément très recherchés.
La suite se complique avec la montée vers le col des Muandes (2828m), l'ancienne frontière avec l'Italie. C'est une montée raide mais régulière pendant laquelle les pelouses disparaissent progressivement, laissant la place au monde minéral de l'étage alpin.
Une fois au col la vue sur le massif des Ecrins, jusqu'alors dans notre dos, est magnifique. Notamment la Barre des Ecrins (4102m), le point culminant des Alpes du Sud.

Les Ecrins vus du col des Muandes

Le Mont Thabor et sa chapelle sont maintenant face à nous. Pour l'atteindre, il faut commencer par descendre légèrement sur une arête étroite et rocheuse. Attention où on met les pieds ici.
Nous rejoignons rapidement le col de Valmeinier, où nous voyons bien l'itinéraire jusqu'au sommet. Seul hic, un énorme névé nous barre le passage. Patrick, notre accompagnateur, estime que sa dernière partie est trop raide pour être franchie sans crampons. Il faudra donc la contourner en passant par les rochers.

Le névé et le ressaut final

La première partie du névé se franchit assez facilement, malgré la neige parfois glissante. Mes bâtons sont bien utiles pour garder l'équilibre.
La suite est plus difficile physiquement. En effet, ça commence par de la grimpette sur des gros rochers avant de rejoindre le sentier qui monte durement en lacets.
De temps en temps, un névé est soit contourné, soit traversé. Je commence à ressentir l'altitude car je m'essouffle vite. C'est un peu "l'effet Ventoux" : un sommet qui parait tout proche mais qui n'arrive jamais !

Les derniers mètres avant le sommet

Aux alentours des 3000m, nous rejoignons le large sentier provenant de la Vallée Etroite (frontière italienne). Les randonneurs deviennent plus nombreux car cette voie est la manière la plus simple d'atteindre le Thabor.

Les premiers arrivés attendent le reste du groupe à la petite chapelle. Le vent souffle et la température est très fraiche ! C'est la première fois que je grimpe si haut, je savoure donc ce moment. D'autant plus que la vue est magnifique sur une bonne partie des Alpes, de la Dent du Géant (massif du Mont Blanc) aux Ecrins, en passant par le Queyras.

Devant la chapelle au sommet

Nous prenons le repas de midi près de la chapelle puis une photo de groupe au "vrai" sommet du Thabor. La descente interminable de plus de 1400m de dénivelé se fera jusqu'au refuge Tre Alpini (Vallée Etroite), où nous passerons la nuit. Je ne décris pas l'itinéraire complet dans ce topo car il ne peut se faire en aller retour ni en boucle à la journée.

Pour les randonneurs habitués aux longues ascensions, cette sortie est à découvrir absolument. De la verdoyante vallée de la Clarée à l'austérité de la haute montagne, les différentes ambiances montagnardes vous combleront.

Parcours et profil (aller seulement) :

15/10/2009

Le Serre de Montué

Département : Drôme (26)
Massif : Vercors
Altitudes (min-max) : 1445m-1706m
Longueur : 8Km
Dénivelé (positif-négatif) : 385m-385m environ
Difficulté : 2/5

(Sortie effectuée le 12 juillet 2009)
Le Serre de Montué (1706m) est le point culminant du plateau d'Ambel, au coeur du Vercors Drômois. Par beau temps, nous voyons de notre fenêtre son sommet tout arrondi, souvent plongé dans le brouillard. C'est pour cette raison que nous avons reporté son ascension à plusieurs reprises.

Mais ce 12 juillet les conditions sont optimales. Nous nous rendons à la petite station de Font d'Urle à la fraiche pour effectuer cette courte randonnée. Au programme, un peu moins de 400m à grimper donc rien de très méchant.
Nous commençons par suivre la direction du pas de l'Infernet. A la sortie de la station, le sentier pénètre tout de suite dans les alpages et rejoint rapidement le GR93.

Après une demi heure de marche un premier sommet se dresse devant nous. Il est situé à l'extrémité Sud du Serre de Montué (point 1692 sur la carte). Nous décidons d'y monter. Ce détour n'est pas obligatoire mais doit valoir le coup pour le paysage.

Un premier sommet

L'ascension dans les pelouses, raide mais courte, se fait en quelques minutes. Derrière le sommet, des falaises calcaires de plusieurs centaines de mètres plongent dans le vide. Impressionnant !

Leur côté inaccessible permet d'abriter de nombreuses espèces d'oiseaux. Dont un splendide aigle royal que nous avons la chance de voir voler au dessus de nos têtes. Avec son envergure dépassant les 2 mètres, on pourrait le confondre avec un deltaplane vu de loin.
Sur le sommet qui nous fait face, des chevaux semi-sauvages paissent tranquillement au bord d'un immense précipice. Chute interdite pour les canassons !

Des chevaux qui n'ont pas le vertige

Nous redescendons et rejoignons le GR au niveau du pas de l'Infernet. Peu après nous quittons le sentier rouge et blanc pour grimper le Serre de Montué. Il faut pour cela prendre la 2ème sente qui part sur la droite après le pas.
A partir de maintenant, l'itinéraire n'est plus balisé mais reste évident car le sommet est toujours en vue.

1,5Km nous séparent de notre but. L'ascension ne présente pas de difficultés, il suffit de rester sur la petite trace. Seuls les derniers mètres hors sentier sont un peu raides.
Le seul danger sur ce type de parcours est le brouillard, qui risque d'égarer le randonneur et le faire s'approcher dangereusement des falaises.

Sommet en vue

Un cairn symbolise le sommet du Serre de Montué. Le vent souffle fort et nous refroidit vite sur cette montagne où ne pousse aucun arbre. La grande forêt de Lente est pourtant toute proche !
La vue à 360° s'étend des Hauts Plateaux du Vercors au Diois. Avec des jumelles nous distinguons Saint Marcellin, à 25Km à vol d'aigle.

Observation des alentours

La descente peut très bien se faire en prenant le chemin en sens inverse. Nous décidons de corser un peu la difficulté en descendant par le versant Est.
Ce qui parait simple au premier abord se révèle un peu piégeux, car les pelouses sont défoncées par les intempéries et cachent de nombreux trous de marmottes. Attention aux chevilles !

Nous descendons progressivement en empruntant des sentes probablement tracées par le bétail. C'est ainsi que nous réalisons le tour complet du Serre de Montué. Le retour à Fond d'Urle se fait ensuite par le GR93 emprunté à l'aller.

Cette belle sortie est idéale pour le marcheur voulant atteindre un vrai sommet sans grimper pendant des heures. Le tout dans une ambiance "montagne", avec des vastes alpages, des falaises abruptes et une faune (sauvage et domestique) bien fournie.

Parcours et profil (créés par VisuGPX sur Skitour.fr) :

23/09/2009

Bec de l'Orient (par La Rivière)

Département : Isère (38)
Massif : Vercors
Altitudes (min-max) : 208m-1554m
Longueur : 13,8Km
Dénivelé (positif-négatif) : 1450m-700m environ
Difficulté : 4/5 (par La Rivière)
Difficulté : 3/5 (par Les Coings)

Cette randonnée emprunte le pas de la Clé, qui est interdit l'hiver et déconseillé par temps de pluie. Prudence recommandée en toutes circonstances.

(Par Ludo, sortie effectuée le 13 juin 2009)
Le Bec de l'Orient (1554m) est un des sommets le plus septentrional du Vercors. Comme son nom ne l'indique pas, il se situe à la frontière Ouest du massif, et domine la vallée de l'Isère de plus de 1300m. Cette position et sa forme caractéristique font qu'on le voit de très loin.

J'ai décidé de faire son ascension intégrale en partant de la Rivière, un petit bourg situé à son pied. Une randonnée engagée, avec un dénivelé sérieux (1450m de montée au total), que l'on peut réduire en partant de plus haut.
C'est ce que fera Lolo, qui me rejoindra au col de Montaud, après s'être garée non loin du village du même nom.

Le Bec de l'Orient vu de St Gervais

Lolo me dépose donc assez tôt le matin à la Rivière. La journée s'annonce très chaude et très ensoleillée. Je suis le sentier balisé en jaune et vert qui va grimper dans les bois jusqu'à la cabane forestière de Pied Frais.

Je quitte à peine le village qu'un premier souci apparaît : le sentier est envahi par les orties ! Étant en short et en tee-shirt et ne voulant pas perdre de temps à mettre des vêtements longs, je m'engage. Erreur. Les orties me brûlent les bras et les jambes. Ça commence bien ...
Après une petite accalmie, ce sont les ronces qui arrivent ! Elles me barrent complétement le passage et m'obligent à faire des contournements délicats, car le sentier se trouve dans un ancien lit de rivière. Je mets un quart d'heure pour parcourir 500m, et je ressors bien écorché.

Au panneau "Revéty", je traverse la route goudronnée, un peu énervé par ce chemin laissé à l'abandon. Ayant pris du retard, je grimpe les fortes pentes qui suivent à une allure élevée, au risque d'user trop d'énergie. La forêt est dense, et le chemin parfois glissant et boueux.
J'arrive rapidement à la cabane de Pied Frais (753m), au pied des falaises. C'est l'occasion de faire une courte halte. D'ici part un "sentier botanique", avec des panneaux décrivant les différentes espèces végétales du coin.

La cabane forestière de Pied Frais

Il faut désormais suivre la direction du col de Montaud, où m'attendra Lolo. Mais la route est encore assez longue. Surtout que dans la précipitation je me trompe de chemin (pourtant signalé), et je m'embarque sur le sentier forestier ! Voyant que l'altitude n'augmente pas, je constate mon erreur et fais demi-tour. Encore un quart d'heure de perdu ...

Une fois sur le bon sentier, l'altitude s'élève rapidement. La randonnée devient sauvage, au milieu d'une forêt épaisse où les repères s'effacent. Je me concentre donc sur les balisages, toujours jaune et vert.
Il faut parfois franchir des gros rochers ou des petits pierriers. Par endroits, le chemin est très étroit, voire scabreux, et des branches me barrent le passage. Une bifurcation permet également de rejoindre la bergerie de Fessole, située dans la réserve naturelle des Ecouges.

Quand les premiers conifères font leur apparition, le sentier s'élargit et devient plus facile. J'arrive peu après à la route goudronnée du col de Montaud (1076m), où m'attend Lolo.

Chemin étroit dans la forêt dense

Pendant un kilomètre environ, nous marchons sur cette route déserte, déjà empruntée l'an dernier en vélo (voir article). Nous la quittons pour suivre la direction du pas de la Clé, indiquée par un panneau.
Ce pas permet d'atteindre le haut des falaises (rochers de la Clé). La pancarte rappelle qu'il est interdit en hiver et déconseillé par temps de pluie. Passages délicats en perspective ?

En tout cas, le début de la montée dans la forêt de conifères est très raide. L'ascension du col de Montaud par la Rivière est déjà un bon objectif de randonnée (850m de dénivelé). Ce raidillon supplémentaire fait donc mal aux jambes, y compris pour Lolo partie 250m plus bas.
Nous croisons des pompiers qui s'exercent à grimper dans la forêt avec un lourd tuyau. Bon terrain d'entrainement !

La vue se dégage soudainement quand nous quittons les arbres. Le chemin, étroit, emprunte une vire et longe la falaise. Le sentier est un peu aérien mais pas dangereux dans ces conditions, en restant prudent bien entendu. Le panorama sur Voiron et la Chartreuse est vraiment magnifique.
Deux options s'offrent à nous pour achever le franchissement du pas : suivre le chemin balisé ou emprunter une cheminée sur notre droite. Pour le fun, nous grimpons par le "toboggan" (aucune difficulté), où l'on faisait glisser autrefois les troncs d'arbres pour les descendre dans la vallée.

Dans la cheminée du pas de la Clé

A la sortie du pas, nous rejoignons le GR9 qui nous mènera jusqu'au sommet. Soit encore deux kilomètres à parcourir, à travers les fougères et les conifères donnant au paysage une allure de taïga sibérienne.
Le sentier ne cesse de monter et de descendre. Je croise beaucoup plus de randonneurs qu'au début de la randonnée, car ce lieu est facilement accessible à partir d'Autrans.

Après une ultime montée, nous voyons la grande croix métallique qui indique le sommet du Bec de l'Orient. Comme on pouvait s'y attendre, le panorama est impressionnant. D'Est en Ouest on voit du Mont Blanc au Mont Mézenc, en passant par les Chambarans et le Lyonnais.
La pause repas est aussi bien appréciée après ces quelques heures d'ascension !

Au sommet

Nous redescendons le pas de la Clé par le sentier balisé, qui se révèle glissant avec tous ses gravillons. On comprend pourquoi il ne faut pas l'emprunter par mauvais temps, car le vide n'est pas loin !
Une fois de retour sur la route goudronnée, nous prenons le premier chemin qui descend en direction de Montaud par la forêt. En effet, notre voiture est garée en contrebas, au hameau des Coings (910m), point de départ de Lolo.
Un peu émoussé par la longue montée et la chaleur, je n'ai pas le courage de descendre jusqu'à la Rivière.

La Chartreuse vue du pas de la Clé

Épique : voilà ce qui peut résumer cette première grosse randonnée de l'année 2009. Malgré le mauvais état du chemin au départ, tout était réuni pour un grand moment !
Je ne peux donc que recommander cette sortie, sachant qu'il faut compter au minimum trois bonnes heures de montée en partant de la Rivière. Partir du hameau du Coing est aussi un bon moyen de découvrir ce beau sommet.


Parcours et profil (créés par VisuGPX sur Skitour.fr) :